Liberty-Jeep

En ILE de FRANCE

 

 

ICI, ILS SONT TOMBES…







 LONGVILLIERS (78)



 

Dans la nuit du 2 au 3 juin 1944, la majorité d’un équipage (5 anglais et 1 australien) trouvait la mort en fin de mission. Miracle, il y eut un survivant.

 

Une stèle commémore ce tragique évènement…une de plus parmi toutes celles qui jonchent le sol de notre pays.

 

Vous pouvez apercevoir celle-ci près de Longvilliers, dans la pointe sud des Yvelines. Elle se situe sur votre droite en venant du nord et en vous dirigeant sur Dourdan, légèrement en retrait, à hauteur de l’embranchement en direction du RECULET sur la D149 qui contourne Rochefort en Yvelines et rejoint l’A10 (L’Aquitaine) quelques dizaines de mètres plus loin. Il est très aisé de passer devant sans la voir car elle est masquée, à ce petit carrefour, par un bosquet d’arbustes. Elle est là, ceinte d’un petit muret de pierres blanches, au carrefour de la route du Moulin des Echelettes.

 

D’après les renseignements publiés sur cet évènement, l’épave semble avoir été trouvée au début des années 2000 (?).

 

Le 3 juin 1944 au petit matin, le bombardier anglais HANDLEY PAGE HALIFAX BIII MZ604 MP.W du 76e squadron de la RAF était abattu par un Junker 88 ( ?) après une mission de bombardement de la gare de triage de Trappes - information reprise sur le site :

 

http://www.aerosteles.net

 

ou par un Me 110-G piloté par le Hpt Hans Autenrieth vers 1h00  - information sur le site :

 

  http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=1111 

 

Cette version est plus vraisemblable et reprise dans les documents du Bomber Command et différents témoignages.

 

Cet appareil avait décollé le 2 juin 1944 à 22H31 du terrain de Holme-on-Spalding (U.K) pour le dernier bombardement opérationnel avant le D-Day, avec à son bord :

 

Pilot Officer: SMITH Leonard James Richard – Pilote (Pilot) – Royal Air Force Volunteer Reserve – 24 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 176021 – de (from) Ipoh, state of Perak, Malaysia (T.5).

 

Australian Flight Sergeant: CASWELL Harry Cosgreave – Bombardier (Bomber) – Royal Australian Air Force – 28 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 412735 – de (from) Brewarrina, New South Wales, Australia – (T.10).

 

Sergeant: FERGUSSON Alexander Young – Mécanicien (Flight Engineer) - Royal Air Force Volunteer Reserve – 28 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 1818698 – de (from) Northfield, Birmingham – (TC.6).

 

Sergeant: LOWRIE Campbell – Mitrailleur de queue (Air Gunner) – Royal Air Force Volunteer Reserve – 32 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 1056079 – de (from) Helenburgh, Dunbartshire - (TC.6).

 

Sergeant: TEASDALE Owen Arkle – Mitrailleur avant (Air Gunner) - Royal Air Force Volunteer Reserve – 21 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 1777400 –– (TC.6) - Fils de (Son of) Joseph & Margaret Teasdale de (of) Bedlington – Northumberland.

 

Sergeant: THOMPSON John – Radio (Wireless Operator) - Royal Air Force Volunteer Reserve – 20 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 3 juin 1944 – Service nr 1453762 – (T.3) de (from) Asselby, Yorkshire (T.3)

 

Les corps de ces hommes reposent au cimetière de Brétigny-sur-Orge (91) dans l’Essonne.

Enfin le dernier fut blessé, recueilli par une famille du village de Lonvilliers avant d’être arrêté par les SS allemands et interné à la prison de Fresnes (94) après un interrogatoire musclé ; il s’agit du :

 

Flight Sergeant: HOOD Thomas, Raymond – Navigateur (Navigator) – Royal Air Force – né en 1910 et décédé en 2000, il était marié et père de 2 enfants et n’a jamais su ce qu’étaient devenus ses infortunés camarades. Il fit, avec son fils Norman, de nombreux aller-retour au Mémorial de Runnymede en espérant voir apparaitre leurs noms et repartait toujours en larmes avec un sentiment de culpabilité d’avoir survécu.

 

Norman a été reçu à Longvilliers le 8 mai 2006 pour une cérémonie organisée par la municipalité à laquelle furent conviées plusieurs personnalités puis conduit au cimetière communal de Brétigny-sur-Orge où il pût rendre hommage aux 20 aviateurs qui y sont inhumés. Outre cet équipage, il y a ceux des Halifax MZ636 EY.T (7 hommes) du 78 squadron et ceux du Halifax LW434 C8.H (5 hommes) du 640 squadron et deux non identifiés.

 

Si vous passez par là ou à proximité, ne serait-ce que sur le chemin de vos vacances, adressez un petit regard ou ayez une pensée pour eux, ils représentent votre liberté et la paix dont vous profitez tous les jours.

 

Never forget…

 

Texte : Alain OCTAVIE

 

Photos : Isabelle PERROT & Alain OCTAVIE

 

Photos 6 & 7 : Helensburgh-heritage

 

If you have other/more informations or photographies or if you want one or several of our pictures included in this article, please contact us by e-mail (see “Nous contacter”). Thank you very much.

 

Si vous possédez des informations complémentaires ou des photos susceptibles d’agrémenter cet article, veuillez nous adresser un e-mail dans la rubrique « Nous contacter ». Merci d’avance

 

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  • Norman Hood(mercredi, 15. février 2012 10:59)

    The aircraft that shot down Halifax MkIII MZ604 'MP-W' at 0100
    hrs 3 June 1944 was a Me110G flown by Hauptmann Hans Autenreith,
    Coulommieres, East of Paris.

    It was NOT a Ju 88. as there were no Ju88s operating that night.

    Thank you
    Norman Hood
    son of surviving navigator

    Traduction :

    Message : L’avion qui a abattu le Halifax MkIII MZ604 ‘MP-W’ à 01h00 le 03 juin 1944 était un Me 110G piloté par le Hauptmann Hans Autenreith, à Coulommiers, Est de Paris.
    Ce n’était pas un Ju 88. Il n’y avait pas de Ju88 opérant cette nuit là.
    Merci
    Norman Hood
    Fils du navigateur survivant

    « Ceci confirme bien la version la plus plausible dont nous faisions part dans le corps de texte de l’article »

    Thank you very much, Norman, for this precision.

    Alain Octavie

  • Allayna(samedi, 28. janvier 2012 16:17)

    Sueprlby illuminating data here, thanks!

LE PANNEAU DE BOIS DU CHEMIN DU HAUT CORNU

 

Un simple panneau de bois, en forêt, loin, très loin du grand passage…près du lieu-dit « Le jardin » près du lieu-dit « Les Essartons », près de « La Bachoterie », sur le Chemin du Haut Cornu avant le carrefour forestier « des Mares Moussues »…ça vous dit ? Mais si !, près de la stèle du « Camp Romain »…

 

Cherchez bien ! … non, toujours rien ?

 

Certes, vous ne vous y promenez pas tous les jours. Peut être même n’y êtes vous jamais allé.

 

Normal, nous sommes près du village « Les Mesnuls » (78) dans la forêt des 4 Piliers, secteur dit « des Brûlins » non loin de Montfort l’Amaury aux alentours des « étangs de la Porte Baudet ».

 

Ah! C’est déjà plus clair pour vous !   Non ???...

 

Alors, pour vous y rendre, rien de plus simple, quittez la N10 (tronçon entre Versailles et Rambouillet) à hauteur des Essarts le Roi en direction des Mesnuls par la D191 et avant d’entrer dans ce charmant village, tournez à gauche juste avant le château dans la toute petite rue du moulin (Attention, on passe vite devant et il faut aller faire demi tour sur la place de l’église mais ce n’est pas grave car vous verrez alors la plaque près du monument aux morts et les tombes des aviateurs dans le cimetière communal). Vous passerez devant le lavoir (à votre gauche), les ruines de l’abbaye et les superbes plans d’eau (à votre droite dans le parc du château). Vous entrez alors dans le lieu dit « le Jardin » sans qu’il soit annoncé par un quelconque panneau. Continuez jusqu’à une intersection avec « le chemin du vieil étang » sur votre gauche. Si vous allez tout droit, vous rencontrerez une intersection en « Y » où figure une croix de Lorraine en pierre, alors faites demi-tour.

 

Revenez au chemin du vieil étang. Empruntez le pendant 100m environ jusqu’à une entrée de chemin en sous bois sur votre droite. Garez votre véhicule devant la barrière, contournez la et commencez la grimpette.  

                                                      

Elle vous mène tout droit (en serpentant un peu quand même) jusqu’au dit « panneau » en pleine forêt. Après cette petite montée, vous apercevrez ce panneau !

 

Il n’a rien d’un monument cossu ou d’une jolie stèle commémorative mais il vous indiquera le lieu du crash de l’AVRO LANCASTER B III ND517 GT.E qui décolla le 8 juin 1944 de UPWOOD (UK) à 00h58 pour une mission de bombardement sur les installations ferroviaires de la gare de Versailles-Matelots située en retrait de la route Versailles-St Cyr l’Ecole (N10), après la Pièce d’Eau des Suisses. Sachez que le Château de Versailles et son Parc sont situés de l’autre côté de cette même N10 !!!

 

Cet avion ne rentra jamais à sa base. Il s’écrasa à cet endroit (commune de St Léger en Yvelines) dans une formidable explosion et aucun membre de l’équipage n’en réchappa.

Cet appareil appartenait au 156 Squadron RAF – 8 Group Pathfinder Force. Cette unité fut , du 07/05/1944 au 21/11/1944 (donc à cette époque) sous le commandement du Wing Commander (DFC*) TL. BINGHAM HALL.

 

Lors de cette mission, 337 appareils prirent l’air (195 Halifax, 122 Lancaster et 20 Mosquitos) pour effectuer des bombardements sur les gares et voies de chemin de fer d’Achères, Versailles Matelots, Massy Palaiseau et Juvisy. La veille, la gare de triage d’Achères avait déjà été la cible d’un intense bombardement, assez aléatoire quant à la précision compte tenu de mauvaises conditions météorologiques qui permirent toutefois à tous les équipages de rentrer à leur base, et cette fois ci, les objectifs avaient été atteints avec beaucoup moins de pertes parmi les populations civiles. Mais l’amélioration des conditions permirent, ce jour là, le décollage de la chasse ennemie et l’interception des bombardiers.

 

Bilan : 11 Halifax et 17 Lancaster dont le ND517 seront abattus soit 8,3% des forces employées lors de ces sorties. Notre Lancaster était Second de Commandement sur cette mission.

 

Lors de ma visite et juste avant de repartir, je me suis permis d’y accrocher une petite croix de bois avec l’inscription « in remembrance » et d’y déposer devant un petit bouquet de muguet cueilli auparavant dans les bois de Poigny-la-Forêt. (Cela porte bonheur, dit-on, mais dans ce cas… !). Rien n’ empêche pas de faire un petit geste symbolique en leur mémoire.

Il s’agissait de :

 

Canadian Squadron Leader: HOPTON Cecil George - Pilote (Pilot) – RCAF - DFC* – Service nr J/19003 – DCD (Date of Death) 08 juin 1944. Né à Montréal en 1918, il s’était engagé à Niagara Falls, Ontario. Il comptait 46 sorties opérationnelles.

 

Flight Lieutenant: CONLON William Michael - Navigateur n° 2 (Navigator 2) – RAF Volunteer Reserve DFC* – Service nr 133539 – 23 ans (Old years) – DCD (date of Death) 08 juin 1944 – de (from) Littleborough, Lancashire

 

Sergeant:  CAMPBELL Ian - Mitrailleur (Air Gunner) – RAF Volunteer Reserve – Service nr 1822580.


Flight Sergeant: GIBBS Leslie Edward – Mécanicien (Flight Engineer) – RAF Volunteer Reserve – Service nr 1801366 – 22 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 08 juin 1944 – de (from) East Dulwich , London.


Flight Lieutenant: GILLIS Hartley David – Navigateur n° 1 (Navigator 2) – RAF Volunteer Reserve – DFC* - Service nr 170350 – 21 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 8 juin 1944 – de (from) Paddington, London.  


Warrant Officer: LARKINS Alfred Robert – Mitrailleur (Air Gunner) – RAF Volunteer Reserve – Service nr 1189479 – 29 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 08 juin 1944 – de (from) Ramsgate, Kent.


Flight Lieutenant: MOYES Peter James – Radio/Mitrailleur (Wireless Operator/Air Gunner) – RAF Volunteer Reserve – DFC* - Service nr 160518 – DCD (Date of Death) 8 juin 1944.


Flight Lieutenant: WOOD David Telfer – Navigateur/ Bombardier (Navigator/Bomber) – RAF – Service nr 51836 – 24 ans (Old years) – DCD (Date of Death) 8 juin 1944 – de (from) Lundie, Angus.

 

F/L R.B.LEIGH DFC

"Navigator absent the day of that mission Royal Air Force died 13-12-2005"

 

Ces deux photos sont de Guillaume & Isabelle Van Der Wende

 

 

 

Tous ces hommes reposent au cimetière communal des Mesnuls et une plaque est apposée près du Monument aux Morts de cette commune, sur le mur extérieur du cimetière.

                                                                             

Ils avaient rendez-vous avec la mort aux abords de ce petit village et ont dirigé leur crash sur la forêt plutôt que sur les modestes habitations.

 

Ils ont donné leurs vies pour notre Liberté en protégeant la notre…

 

             N’oubliez pas                                                 Never forget

 



DFC* : Distinguished Flying Cross  (U.K) : Attribuée pour acte de vaillance, courage ou dévouement au cours d ‘opérations actives contre l’ennemi. Pendant la WWII 20350 DFC ont été attribuées.

 

 

 

Texte et photos de la galerie : Alain Octavie

 

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Auvers-sur-Oise, Butry-sur-Oise et Parmain

Mort au Combat.

 

 

 

Marcel Henri MARTIN, né à TRIGNAC (Loire Inférieure : 44) le 14 Octobre 1919.

Marié.

Profession : Boucher.

Etait domicilié : Rue des Fortes Terres (maintenant rue Marcel MARTIN) à

Auvers-sur-Oise.

 

Lieutenant des Forces Française de l’Intérieur détachement Corentin QUIDEAU

Mort pour la France le 23 Août 1944 selon l’état civil mais en réalité décédé le 26 Août 1944

Lors de l’attaque de la carrière des Longuennes à Butry hameau d’Auvers-sur-Oise.

 

Notons que son corps n’a été retrouvé que le 01 Septembre 1944 en plaine au dessus de la

carrière des Longuennes.

 

 



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Abattu sur place.

 

 

Léonard Zéphyr DUSAUTOY (non enregistré à l’état civil car reconnu sous le nom de DUSAUTOIS), né à NOAILLES (Oise : 60) le 03 Octobre 1908.

Profession : Manœuvre.

Etait domicilié : 18 rue Pasteur, hameau de Butry à Auvers-sur-Oise.

 

Mort pour la France le 24 Août 1944 à 9 heures, abattu sur le trottoir rue de Cordeville à Auvers-sur-Oise.




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Abattu sur place.

 

 

Marcel FRANCOIS, né à PARIS 20ème (Seine : 75) le 09 Octobre 1897.

 

Marié.

Profession : Manouvrier.

Etait domicilié : Rue de Parmain, hameau de Butry à Auvers-sur-Oise.

 

Mort pour la France le 30 Août 1944 à 18 h 20, rue Pasteur, hameau de Butry à Auvers-sur-Oise.

Il aurait été abattu dans son jardin, alors qu’a l’heure des faits, Butry était considéré comme libéré !


 

- - - - - - - - - -

 

Abattu sur place

 

 

Léon MAIZIERE, né au CREUSOT (Saône et Loire : 71) le 25 Septembre 1892.


Marié.

Profession : Contremaître.

Etait domicilié : 60 rue Pasteur, hameau de Butry à Auveers-sur-Oise.

 

Mort pour la France le 26 Août 1944 vers 11 heures.


Il a été abattu, rue Basse à St-Ouen-l’Aumône au lieu dit : le chantier « VILLEPLE »

 

 

 

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Pris en otage emmenés en camion

et abattus à Parmain

 

 

 

 

Michel Albert BRINGAND, né à ESTEVILLE (Seine Inférieure) le 03 Juin 1919.


Marié.

Profession : non précisée.

Etait domicilié à Auvers-sur-Oise.

 

Soldat des Forces Française de l’Intérieur est Mort pour la France le 23 Août 1944 à 16h30 au lieu-dit « Les Coutures » à Parmain.

 


Gilbert DROUET, né à AUVERS-SUR-OISE (Seine et Oise : 78) le 21 Février 1910.


Profession : non précisée.

 

Mort pour la France le 23 Août 1944 à 16h30 au lieu-dit « Les Coutures » à Parmain.

 

Texte : Daniel LAINE

Photos : Yannick DEHAYES



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En NORMANDIE

Les mémoriaux de la Forêt de Lyons (27)

 

La magnifique Forêt de LYONS est située, comme son nom l’indique, tout autour de LYONS-la-Forêt, joli village en bordure de la vallée de l’Andelle dans l’Eure (27).

 

Elle fut l’objet de combats entre les résistants du secteur et les troupes allemandes en retraite après la bataille de Normandie (la Poche de Falaise) et le difficile passage de la Seine.

 

Au sud de la forêt, au carrefour de la Croix Vaubois, a été érigé un monument imposant qui porte l’inscription suivante :

 

*« 1939-1945 Monument dédié aux Déportés, Disparus, Tués au combat de la II° Conservation des Eaux et Forêts et de l’Organisation de résistance de l’armée – LISORS   ( ††† ) ». 

*A droite : « CL M LE POITEVIN DE LA CROIX VAUBOIS conservateur des eaux et forêts CL M LAGUARRIGUE   CDT R.FOLIOT   S-LT R.BONNEAU PHILIPPEAU M.ROULLEAU J.BALMINO A.BEAUCLE   J.BELLIARD   J.DARGENTON     "MORTS POUR LA FRANCE"

A gauche : « A.DERLY   G.HOULBRECQUE   R.LABOUROT   G.LEIXA   G.LEON   R.LOUCOPOULOS   G.OUVRY   H.PETAS   M.REVERT   A.SAQUEPEE   E.SCHMITT   J.VALLAT   "MORTS POUR LA FRANCE "   

                                                                                                                                                                                                                                        

 

**** *** ****

 

En descendant vers l’Abbaye de Mortemer (150m env), sur la gauche figure un mémorial en forme de Croix chrétienne. Elle indique l’endroit où furent exécutés 8 membres de l’O.R.A dont les noms figurent sur une plaque barrée de bleu-blanc-rouge (7 noms de fusillés du 23 août 1944 et 1 nom pour le 25 août 1944). Ces noms sont repris sur la branche horizontale de la croix ainsi que sur le monument du carrefour de la Croix Vaubois.

 

HISTORIQUE

 

Quelques hommes et femmes ont accompli un certains nombres d’acte patriotiques dans ce secteur de l’Eure qui ont apporté des pierres à l’édifice de la résistance à l’occupant :   - réception des parachutages d’armes, aides diverses aux réfractaires du S.T.O, aux aviateurs alliés abattus et en transit pour leur retour au Royaume uni, à des camarades en difficulté par le biais de caches, de filières, de collectes et transmissions de divers renseignements vers Londres…mais aussi de sabotages et d’attaques des troupes allemandes en repli vers le nord et l’est sous le couvert des hautes futaies pour se cacher de l’aviation ennemie.

Certains l’ont payé de leur vie : les noms des victimes figurant sur ces monuments prouvent la dangerosité de ces actions.

 

Les représailles effectuées par les nazis vis-à-vis des maquis et des populations civiles sont atroces (Oradour-sur-Glane, Maillé, Tulle, Dun-les-places, etc…), montrant la barbarie des groupes en retraite et la haine farouche qu’ils vouent à ces harceleurs qui leur tendent, sans cesse, des embuscades meurtrières. C’est une de ces embuscades, préparée près de la source de la Fontaine Ste Catherine, qui amènera ce drame.

 

Une opération est mise en place le 23 août au soir, dans la côte des 13% avec une vingtaine d’homme dont 2 aviateurs alliés mais l’enrayement de l’arme principale détenu par ce groupe et la supériorité de l’ennemi amena le décrochage. Il fut décidé de mettre les 2 soldats alliés en lieu sûr.

 

Le lendemain matin, 24 août, quelques hommes se postent près de la source, lieu initial du piège, armés de pistolets et armes automatiques. Une colonne allemande arrive et s’arrête à cet endroit … et commence à se déployer pour fouiller les taillis !!! – Y a-t-il eu dénonciation ? - surement. Des collaborateurs étaient connus dans les villages environnants.

 

Les hommes se trouvent vite encerclés et certains s’échappent en forçant les mailles du filet :

Albert Delacour, Robert Pohu (malgré une entorse), André Tellier, Charles Roulaud, Fernand Sébastien et Paul Derly. Les allemands lanceront une grande traque et fouilleront nombre d’endroits précis (dont certaines adresses) et débusqueront certains fuyards. Cela tendrait bien à prouver qu’ils étaient en possession de renseignements.

 

Ceux qui n’ont pu s’échapper seront atrocement torturés et mutilés puis exécutés en ce jour du 24 août 1944 : les corps de Achille Saquépée, Jean Belliard, Emile Schmitt, Jean Vallat sont retrouvés le 30 août à la Croix et le 5eme, Guy Leon gît, seul à quelques mètres, moins supplicié - Gilbert Ouvry et Henri Petras ne sont découverts que le 19 septembre, abattus en forêt mais non torturés - René Loucopoulos sera fusillé le 25 août au lieu dit « Hêtre à Dieu ». Jean Balmino, André Beauclé et André Derly seront portés disparus.

 

Jean BALMINO, dont le corps n'a jamais été retrouvé, né en 1894 à Lyon, ingénieur, domicilié à Rosay. Jean BALMINO, dont le corps n'a jamais été retrouvé, né en 1894 à Lyon, ingénieur, domicilié à Rosay.

 

 

Comme indiqué sur les plaques, les Résistants forestiers auront eux aussi payé le prix fort : certains seront déportés et ne reviendront pas.

 

L’impressionnant monument du carrefour de la Croix Vaubois (du nom de Michel Le Poitevin de la Croix de Vaubois – Conservateur des Eaux et Forêts) est l’œuvre de Mr Lechalier (architecte à Rouen).

 

Il fut inauguré le 22 mai 1950 par Mr Valais, ministre de l’Agriculture.

 

Texte : Alain Octavie                                     

Photos : Yannick Dehayes

 

****  **  ****

 

 

Lien :

ROSAY sur LIEURRE : la mémoire des résistants de Mortemer en 1944

 

http://serge.ollivier.pagesperso-orange.fr/martyr.htm

 

 

**** ** ****

Revenant sur les lieux de nos recherches dans ce secteur de la Forêt de Lyons, nous traversons pour la deuxième fois la petite ville de Charleval en rendant une petite visite de courtoisie à la sépulture de G.A Cashion sur laquelle nous déposons quelques fleurs puis nous reprenons la route de Lyons.

Cet itinéraire n’est pas dû au hasard car j’ai pu voir, sur le site web  «Aerosteles » que le lieu d’un crash était signalé. D’après les renseignements recueillis, une simple croix de bois marque cet endroit.

 

Après quelques kilomètres, nous arrivons en vue d’un panneau signalant le lieu-dit « La Villenaise » sur notre gauche et empruntons la petite route et alors là ! Quelle découverte ! La simple croix a été remplacée par une stèle entièrement neuve et de très belle facture à l’initiative de la Ville de Lyons-la-Forêt, de l’E.N.S.A 39/45, du Souvenir Français et de donateurs privés.

 

Sur ce monument, inauguré le 12 juin 2010, figure une superbe plaque comportant le dessin de l’avion, l’emblème de l’escadrille et la liste des membres de l’équipage qui périt à cet endroit.

 

Histoire :

 

Un groupe de 108 avions Lancaster quitta l’Angleterre le 09/06/1944 au soir dont l’Avro Lancaster type B III immatriculé ND533 EA-M parmi un groupe de 21 appareils du 49 squadron. Il avait décollé à 21h36 de la base de Fiskerton, Lincolnshire (U.K,) pour une mission de bombardement du réseau ferroviaire d’Etampes (sud de Paris). Il fut abattu par un chasseur de nuit allemand piloté (apparemment) par l’Oberleutnant Johannes WERTH de l’escadrille 5/NJG2 à environ 2300 m d’altitude sur le chemin du retour au nord-ouest de Paris.

 

L’équipage était composé de :

 

Flying Officer Bryan Esmond BELL – Pilot (Pilote) – R.A.F.V.R – Matricule 151471 – Age 24 ans – DCD le 10/06/1944 - Inhumé au cimetière militaire de Bayeux (Bayeux War cemetery – Grave (T.C) XVI.C10

 

Flying Officer Hilary Daniel CLARK – Air Gunner (Mitrailleur) – R.A.F.V.R – Matricule 159223 – Age 28 ans – DCD le 10/06/1944 – Inhumé au cimetière militaire de Bayeux (Bayeux War cemetery) Grave (T.C) XVI.C10

 

Sergeant John HOLDEN – Wireless operator/Air gunner (Radio/Mitrailleur) – R.A.F.V.R – Matricule 1521290 – Age 21 ans – DCD le 10/06/1944 – Inhumé au cimetière militaire de Bayeux (Bayeux War cemetery) – Grave (T.C) XVI.C10

 

Sergeant Sydney Charles HOLMES – Flying Engineer (Mécanicien) – R.A.F.V.R) –Matricule 1810022 – Age 28 ans – DCD le 10/06/1944 –Inhumé au cimetière militaire français de Marissel (French National cemetery) – Grave 248

 

Australian Flying Officer Duncan MacFADYEN – Navigator (Navigateur) – R.A.A.F – Matricule 425178 – Age 28 ans – DCD le 10/06/1944 – Inhumé au cimetière militaire de Bayeux (Bayeux War cemetery) – Grave (T.C) XVI.C10

 

Sergeant Joseph John REED – Air Gunner (Mitrailleur) – R.A.F.V.R – Matricule 1281835 – Age 23 ans – DCD le 10/06/1944 – Inhumé au cimetière militaire de Bayeux (Bayeux War cemetery) – Grave (TC) XVI.C10

 

Flying Officer Philip Derek HEMMENS – Bomber (Bombardier) –R.A.F.V.R – Matricule 152583 – Age 20 ans – Prisonnier de guerre (PoW) à Buchenwald où il décède – Fils du Révérend Ernest Hemmens – Son nom figure au Runnymede Memorial (U.K) – Panel 206.

 

Rest in peace.

 

Sincères remerciements à M. Michel MARIE pour l’autorisation de publication des photos de la croix commémorative en Forêt de Lyons et à M. Régis Biaux pour celle de la tombe du Sgt S.C Holmes.

 

 

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Lien : Fiche sur Francecrashes39-45

http://www.francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=1317

 

 

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Après les photos usuelles pour immortaliser notre visite, nous continuons notre quête et reprenons la route vers Ry (nord-ouest de Lyons-la-Forêt).

 

Nous rejoignons le lieu-dit des Ventes, situé entre Ry et Elbeuf-sur-Andelle, formé par une petite dizaine de maisons où nous faisons une halte devant l’imposant monument érigé en hommage de la Résistance trônant de toute sa masse imposante et pyramidale sur le côté droit de la petite route, à l’entrée du hameau et surplombé d’un V de la victoire enchâssant une croix de Lorraine.

 

Sur sa base en béton, figurent diverses plaques en mémoire des résistants du secteur et d’un de leur chef : Henri Boulanger dit « Cartouche » qui avec son Frère Raoul dit « Fantomas » créèrent le Maquis des « Diables Noirs » qui fit parler de lui dans ce petit coin de Normandie ……

« La nuit enveloppe complètement de sa noirceur le plateau des Ventes, et les deux ou trois maisons qui forment le hameau se fondent dans cette obscurité. Pourtant, lorsqu’on s’approche un peu de la plus grande bâtisse, on voit filtrer quelques fugitives lueurs au travers des persiennes. Tout le monde ne dort pas au « château » ! Réquisitionné par l’occupant, il abrite l’état-major allemand des transmissions régionales, et les sentinelles veillent au-dehors, invisibles dans les ténèbres, seulement repérables à leur marche routinière et monotone. De l’autre côté du chemin, la scierie menuiserie des frères Boulanger semble déjà engourdie par la torpeur nocturne. Semble seulement, car en réalité c’est une étrange activité qui règne dans la petite maison d’habitation. Dans un silence total, sous un pâle et discret éclairage qui projette de bizarres silhouettes sur les murs de la cuisine, des ombres s’affairent et se démènent, occupées à un bien curieux travail……………… ».

Pour connaître la suite, allez vite à la rubrique : Résistance & Maquis …

 

De fabuleux récits vous attendent sous le titre : Résistance en Normandie – Pays de la Forêt de Lyons.

 

Bonne lecture…

 

Du nord-ouest de Lyons, nous nous dirigeons maintenant vers le nord-est où la carte nous indique un monument au lieu-dit « La Rouge-Mare » sur la route des Flamants, entre Martagny et Neuf-Marché.

 

Arrivant à Bezu-la-Forêt, nous empruntons la direction de Gisors sur une petite route serpentant le long d’un petit cours d’eau. Ce chemin bucolique nous amène à Martagny, petit village sur les contreforts de la vallée, où nous prenons la direction indiquée de la Rouge Mare en nous engageant dans une côte assez raide. Débouchant sur le plateau nous apercevons, quelques cinq cent mètres plus loin, sur la gauche, une solide colonne de pierres posées sur une dalle près d’un mât arborant fièrement les couleurs tricolores.

 

Sur ce monument figure une grande inscription à la gloire de la Résistance :

 

«  GUERRE 1939 -1945 – Sur cette terre des FRANÇAIS résistants à l’envahisseur NAZI ont poursuivi le combat jusqu’à la VICTOIRE – Hommes Libres, souvenez vous – Septembre 1943 –XXe anniversaire »

 

En remontant en voiture nous apercevons un panneau indiquant le monument de la ROUGE-MARE ? Ce n’était donc pas celui-ci ? Il en existerait un autre !!!

 

Il nous faut nous engager dans un chemin forestier, également sur la gauche de la route.

Un petit parking puis une grande allée avec au fond, effectivement, un autre monument imposant dédié aux gendarmes tombés dans une embuscade allemande le 16 septembre 1914 comme l’indique d’ailleurs un panneau.

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Le COMBAT DE LA ROUGE MARE

 

Le 14 décembre 1914

 

Deux camionnettes bondées d’une vingtaine d’hommes assis sur des caisses d’explosifs (env 500 Kg), escortées par 2 berlines, quittent les lignes allemandes, et s’enfoncent en territoire ennemi. Ces soldats allemands du génie, formés en un véritable commando (insolite pour l’époque) n’ont qu’une devise : « De l’audace, toujours de l’audace », et ils s’y tiennent car ils foncent avec la mission de désorganiser les lignes arrières de l’armée française. Ils traversent donc, depuis Noyon, le plateau Picard où personne ne porte attention aux uniformes qu’ils portent.

 

« Ce sont peut-être des Anglais », pensent les civils qui les aperçoivent, car, à l’arrière du front, on ne porte pas vraiment attention aux détails de la chose militaire.

 

Le train, étant à l’époque, un moyen très important pour l’acheminement en masse des troupes et du matériel vers les lieux des combats, il leur faut détruire les voies et ponts de chemin de fer sur la Seine. Ils pensent pouvoir remonter vers Rouen et redescendre le long du fleuve jusqu’aux Andelys en faisant le maximum de dégâts.

 

Ce groupe, emmené par le capitaine Tilling, à peine freiné dans sa course folle, dans la traversée de Beauvais, fait une halte en lisière de la Forêt de Lyons, sur les hauteurs de Martagny.

 

C’est alors qu’une femme passant par là, Octavie DELACOUR, âgée de 56 ans, se souvient des uniformes allemands car lors de la guerre précédente de 1870, alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années, elle avait déjà vu ceux de ce qu’on nommait alors les Prussiens. Econduit par l’officier, qui pense alors que les choses en resteront là et que cette paysanne ira vite se cacher chez elle, elle court, au contraire, directement à la gendarmerie. Ceux-ci interviennent aussitôt mais dans la fusillade qui s’ensuit, trois d’entre eux sont tués : Le maréchal-des-logis chef CROSNIER, les gendarmes LEBAS et PRAËTS. C’est le combat de la Rouge-Mare.

 

Le « commando » qui a repris sa route sans attendre est alors impitoyablement traqué et non loin de Tourville-la-Rivière, près de Rouen, se termine tragiquement sa course folle. Ils sont interceptés et massacrés. Afin d’éviter d’autres incursions aussi intrépides, l’Etat-major avait donné un ordre impératif : « Pas de prisonniers ». – Un monument est érigé sur le lieu du combat à la Rouge Mare, où figurent les noms des gendarmes et de notre « héroïne » d’un jour !

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Autres Lieux de Mémoire

CRASH EN VERCORS


LES CRASHES EN MONTAGNE

 

Le 07 février 1944, le HALIFAX type Mk.V immatriculé LL114 NF.P du 138 squadron de la RAF décolle de la base de Tempsfort (U.K) pour une opération (S.O.E) de parachutage d’armes et de munitions sur le Camp C3 de la résistance à environ 5 km au nord d’AUTRANS (Isère) au lieu dit « Le Pré de Gève » (1288m) aux alentours du « Bec de l’Orient ».

 

Il fait nuit, le temps est exécrable et la neige tombe dru.

 

Il s’écrase au petit matin du 08 février 1944, le jour n’est pas encore levé.

Quelles ont été les véritables causes du crash de cet appareil qui percute la montagne, entre « Le Pas de la Clé » (1515m) et le « Bec de l’Orient » (1554m) situé à l’angle occidental du Vercors dont la falaise plonge de façon vertigineuse vers la plaine à l’ouest de Grenoble vers Voreppe et Voiron?

 

La question reste toujours posée !



Pourtant, la DZ (Drop zone = Zone de largage), située à 1286m d’altitude, est bien plane et les sommets qui la bordent de part et d’autre sont relativement modestes. Le « Signal de Naves » proche du « Bec de l’Orient » accuse 1606m sur la gauche et « La Sure » 1429m à droite, séparés par 2 km environ.

 

Le cap a-t-il été bien gardé, rien n’est moins sûr compte tenu de la météo?

 

Le pilote a-t-il voulu larguer au plus près pour éviter de dépasser la falaise et envoyer la cargaison dans la plaine de l’Isère en contrebas? Si tel était le cas, sa conscience professionnelle aura coûté bien cher à cet équipage.

 

L’explosion fut entendue jusqu’au village et de jeunes résistants du Camp C3 chaussèrent les skis et se rendirent sur les lieux, guidés par la lueur de l’incendie. L’intensité du feu ne permet pas l’approche de l’épave. Le lendemain, les corps éjectés et éparpillés seront retrouvés puis cachés dans une grotte et recouverts de neige en attendant de pouvoir leur donner une sépulture décente.



Ces hommes ont été inhumés au cimetière communal d’AUTRANS le 22 août 1944.



Un dépliant gracieusement délivré par l’Office de Tourisme relate ces évènements :

« Autrans se souvient.


Pendant la seconde guerre 39-45, le Dauphiné a été occupé fin 42 par l’armée italienne, puis au printemps 43 par l’armée allemande.


La résistance française comptait de nombreux réfractaires au STO (service de travail obligatoire en Allemagne d’une durée de 2 ans) et elle fut contrainte à une clandestinité de plus en plus sévère.


Le Vercors abritait un certain nombre de camps de maquisards. A Autrans le Camp C3, d’une trentaine de jeunes était installé aux Carteaux en été, à Gève en hiver. Dans cette partie du Vercors le climat est rude ; la température voisine les moins 20°c en hiver. Une nuit, début février 44, une formidable détonation réveille en sursaut certains Autranais, malgré la tempête qui sévit et les maisons bien calfeutrées.


Au camp C3 à Gève, le chef de camp et 4 jeunes, chaussent les skis et se dirigent vers le lieu de l’explosion signalé par une forte clarté. Au bout d’une heure trente, ils se trouvent en face d’un avion en flammes ; un des témoins, Henri Arnaud, raconte : ‘’ça brûlait sur un rayon de 200 mètres ; on ne pouvait approcher. Le lendemain, la carlingue brûlait encore. Le choc avait été si rude que les corps des 7 hommes de l’équipage avaient été projetés… Nous les avons enveloppés… nous avons trouvé une grotte et les avons cachés au fond, recouverts de neige’’.

Pourquoi ce bombardier de la Royal Air Force se trouvait-il là, dans des conditions météorologiques aussi exécrables ? Quelle était sa mission ? S’était-il perdu ? Y avait-il eu un mauvais fonctionnement des appareils de mesure ? Cette tragédie est toujours resté un mystère !

Parmi les débris éjectés, se trouvaient des caisses éventrées : armes, grenades, explosifs, balles de 9mm correspondant à l’armement des maquisards, des paquets de journaux de « la France Libre » et… deux bicyclettes de type anglais.

Dès la libération de l’Isère (21 août 44) des Autranais se sont préoccupés de retrouver les 7 aviateurs.

Mais le sol en hiver aplani par la neige et le vent, avait cédé la place à un terrain accidenté, couvert de végétation, donc méconnaissable. Il fallut la présence d’Henri Arnaud et tous ses souvenirs pour retrouver la grotte. La neige et la glace avaient conservé les corps : les 7 aviateurs furent mis en bière.


Le cortège funèbre, formé d’une vingtaine de personnes portant les cercueils, devait rejoindre l’attelage de chevaux resté Près du Pas de la Clé et marcher jusqu’à Gève où se trouvaient les véhicules.


C’était un dimanche ensoleillé, à la fin de l’été, entre 6h et 13h. Les cercueils furent enterrés dans le cimetière d’Autrans où ils reposent depuis 60 ans.


Pour marquer cet anniversaire du « crash », la commune d’Autrans a érigé une stèle à l’emplacement de l’accident, monument qui rappelle ces jeunes vies sacrifiées (ils avaient de 19 à 22 ans) et les souffrances des familles.


"Autrans reconnaissant se souvient ".


Août 2004



Il s’agissait de :



- Flying Officer Gerald Dennis CARROLL, Pilot (Pilote) – R.A.F.V.R – Aged (Age) 21 ans – Service nr 137405 - Son of (Fils de) Charles Michael and (et) Luisa Margaret Carroll, from (de) Newchapel, Surrey. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal cemetery (cimetière communal d’Autrans). Grave 7 (T7)

 

- Sergeant Ronald Denis CLEMENT, Wireless operator/Air Gunner (Radio/Mitrailleur) – R.A.F.V.R - Aged (Age) 22 ans – Service nr 1393760 – Son of (Fils de) Samuel Robert and (et) Amelia Clement, from (de) West Hampstead, London. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal cemetery (cimetière communal d’Autrans). Grave 6 (T6)

 

- Sergeant Kenneth William RADFORD, Air Gunner (Mitrailleur) – R.A.F .V.R – Aged (Age) 20 ans – Service nr 1890982 – Son of (Fils de)Alfred Charles and (et) Dorothy Radford, from (de) Southall, Middlesex. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal Cemetery (cimetière communal d’Autrans). Grave 1 (T1)

 

- Flying Officer Arthur Edward REID, Pilot/Navigator (Pilote/Navigateur) – R.C.A.F – Aged (Age) 22 ans – Service nr J/22367 – Son of (Fils de) Robert and (et) Mary Reid, from (de) Windsor, Ontario, Canada. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal Cemetery (cimetière communal d’Autrans). Grave 2 (T2)

 

- Flying Sergeant James Alvin TAYLOR, Air Bomber (Bombardier) - R.C.A.F – Aged (Age) 19 ans – Service nr R/168071 – Son of (Fils de) James Prunty and (et) Mary Olive Taylor, from (de) Hamilton, Ontario, Canada. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal cemetery (Cimetière communal d’Autrans). Grave 5 (T5)

 

- Sergeant Peter Theodore THOMPSON, Flight Engineer (Mécanicien) – R.A.F.V.R – Aged (Age) 21 ans – Service nr 1638225 – Son of (Fils de) Fredrick and (et) Margaret Agnes Thompson, from (de) Meanwood, Leeds, Yorkshire. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal cemetery (Cimetière communal d’Autrans). Grave 3 (T3)

 

Sergeant Gordon Stanley WOODROW, Air Gunner (Mitrailleur) – R.A.F.V.R – Aged (Age) 20 ans – Service nr 1601619 – Son of (Fils de) Cecil Stanley and (et) Mary Agnes Woodrow, from (de) Southall, Middlesex. Died (DCD le) 08 Feb 1944 – Buried (Inhumé) Autrans communal cemetery (cimetière communal d’Autrans). Grave 4 (T4).



Ils sont cités à l’honneur des FFI du Vercors et la plaque figure sur l’emplacement des sépultures.



Comme l’indique le texte du dépliant ci-dessus, une stèle a été érigée sur le site de l’accident et inaugurée le 02 août 2004.

 

Pour s’y rendre au départ d’Autrans, il faut emprunter la direction du Bourg de dessus, Gève.

 

La route vous emmènera à l’entrée du « Pré de Gève » où il vous faudra laisser votre véhicule au parking pour accéder au site piétonnier.



Vous emprunterez la route qui mène au Refuge de Gève sur lequel figure la plaque comportant la liste des noms de l’équipage.



Vous suivrez le chemin pisté qui dépasse le refuge. Les panneaux sont clairs et indiquent le parcours à suivre. Le chemin en sous bois est très agréable et le parcours est assez facile, mais n’oubliez pas de vous munir d’une gourde pour la montée. A la descente, le refuge vous attend pour vous servir des boissons fraiches et des tartes faites maison. Cela peut aider au moral avant le départ…



Dans l’ordre suivre « Le Cyclone », « La Vira Gros Jean », Le « Pas de la Clé », et bifurquer en direction du « Carrefour des Charbonnières » puis de l’Avion. Chaque étape est annotée et fléchée et indique le temps de marche restant ainsi que l’altitude à laquelle vous vous trouvez.

 

Arrivé au lieu dit « L’Avion », continuer tout droit le tout petit raidillon vers le nord (5mn) pour découvrir le monument élevé à la mémoire de ces 7 aviateurs, précédé d’un panneau explicatif qui induit en erreur car il parle d’un Lancaster (???). D’autres textes (sur le web) citent un Halifax II sérial LL114 codé NF-O ou indiquent le squadron 113, mais le site de la RAF (Royal Air Force) reprend bien le sérial LL114 code NF.P du 138 squadron.



La stèle se trouve sur votre gauche sur un promontoire naturel garantie par des pierres.



Tout autour sont déposés les débris de l’avion au fur et à mesure de leurs découvertes dans les amas rocheux et la végétation dense qui entourent l’endroit, sauf le gros de la carlingue qui a fait le bonheur de ferrailleurs avec l’accord des autorités, bien sur…mais vous qui visiterez ce site, n’ayez pas le mauvais réflexe de vouloir emporter un souvenir. Souvenez vous qu’il s’agit d’un lieu de mémoire collective et que ces jeunes gens ont donné leur vies pour votre liberté.



Respectons cet endroit…

 

Attention, vous pouvez rencontrer un garde ou être contrôlé au retour au refuge, sur le parking ou bien en passant devant la gendarmerie à l’entrée du village. Ne risquez pas l’amende pour si peu !

 

Si vous en avez le courage, continuez la balade jusqu’au Bec de l’Orient, la vue est splendide mais ne laissez pas courir les enfants sans surveillance et tenez leur la main car la marche est très haute.

 

Texte et photos : Alain OCTAVIE


Vous pouvez consulter aussi :

 

http://www.inmemories.com/Cemeteries/autrans.htm

 

Ou

 

http://www.aerosteles.net

choisissez « liste complète » puis « 38 ISERE » et AUTRANS « Halifax LL114 ».



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